Une avancée majeure en matière de non-discrimination à l’égard des non-résidents extracommunautaires

L’arrêt 3630/2025 de l’Audiencia Nacional constitue une étape importante dans l’imposition de non-résidents extracommunautaires en Espagne. Jusqu’à présent, ces contribuables qui percevaient des revenus provenant de la location de biens immobiliers situés sur le territoire espagnol ne pouvaient déduire aucune dépense et étaient contraints de payer un impôt de 24 % sur leurs revenus bruts, contrairement aux résidents de l’Union européenne, qui bénéficiaient d’un taux réduit de 19 % sur la base nette. Cette situation engendrait une discrimination manifeste qui, outre son impact économique, soulevait des doutes quant à sa compatibilité avec le droit européen.

Ainsi, le présent arrêt s’appuie, en premier lieu, sur la jurisprudence de la CJUE en matière de non-discrimination fiscale, telle que l’arrêt du 15 mars 2007, affaire C-35/05 (Reemtsma), l’arrêt du 30 septembre 2003, affaire C-224/01 (Köbler) ou le 3 septembre 2014, affaire C-127/12 (Commission/Espagne), qui annulait un régime similaire pour violation de la libre circulation des capitaux même à l’égard des pays tiers. En outre, il fait également référence à l’article 25 de la Convention entre l’Espagne et les États-Unis afin d’éviter la double imposition, qui interdit spécifiquement toute discrimination dans l’accès aux avantages fiscaux et renvoie à la doctrine établie par la Cour suprême, notamment l’arrêt 242/2018, en matière de succession et de donation, qui a explicitement confirmé l’infraction au droit communautaire, et enfin, aux consultations obligatoires de la DGT (V3151-18 et V3193-18), qui rappellent que l’article 63 TFUE empêche un traitement fiscal inégal et discriminatoire entre résidents et non-résidents.

Les conséquences pratiques sont importantes : si ce critère est finalement confirmé, les contribuables non-résidents extracommunautaires pourront déduire les dépenses nécessaires liées à la location, dans les mêmes conditions que les contribuables communautaires. Les éléments déductibles comprennent les intérêts sur les prêts hypothécaires, les frais de réparation et d’entretien, les taxes locales, les services d’assurance ou d’administration. Cela implique une réduction effective de la charge fiscale et une amélioration substantielle de la sécurité juridique pour les investisseurs internationaux sur le marché immobilier espagnol. En outre, elle ouvre la possibilité de demander la rectification des autoliquidations antérieures et de la répétition de l’indu dans les cas où la déduction des dépenses aurait été refusée. Cette résolution représente une étape vers la pleine égalisation des droits fiscaux entre les résidents de l’UE et les résidents non-UE, renforçant la cohérence du système fiscal espagnol avec le droit européen.

Bien que le jugement ne soit pas définitif, puisqu’il existe un pourvoi devant la Cour suprême, il établit un précédent clair et fournit déjà une base juridique solide pour en bénéficier.

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