Le remboursement de la TVA sans justification de paiement

Par résolution du 27 septembre 2024, le Tribunal Économique Administratif Central analyse la charge de la preuve dans le régime spécial de remboursement de la TVA aux entrepreneurs ou professionnels qui ne sont pas établis sur le Territoire d’application de la taxe (ci-après, « TAI »), mais oui dans l’Union européenne, les îles Canaries, Ceuta ou Melilla. Conformément à l’article 119 de la Loi 37/1992, du 28 décembre, sur la Taxe sur la valeur ajoutée (ci-après « LIVA »), ces entrepreneurs ou professionnels peuvent demander le remboursement de la taxe qu’ils ont payée sur les acquisitions ou importations de biens ou de services effectuées dans la TAI, à condition de respecter les conditions énoncées à l’article 119 LIVA précité pendant la période à laquelle leur demande se rapporte.
En bref, les exigences sont les suivantes :
- Ne pas avoir effectué d’opérations soumises à la TVA dans le TAI, sauf :
- Opérations dont le bénéficiaire est l’assujetti.
- Transport et services connexes exonérés de TVA.
- Ne pas être le destinataire des opérations pour lesquelles il doit agir en tant qu’assujetti.
- Satisfaire aux exigences de déduction de la TVA, notamment celles prévues aux articles 95 et 96 de la LIVA.
- Utiliser les biens et services achetés dans le cadre d’opérations ouvrant droit à déduction, conformément à la réglementation du pays où ils sont établis.
- Soumettre la demande par voie électronique via le portail du pays où vous êtes établi.
En ce qui concerne la charge de la preuve de ces exigences, l’article 105.1 de la Loi Générale Fiscale, 58/2003 du 17 décembre, prévoit que quiconque fait valoir son droit doit en prouver les faits constitutifs, de sorte que c’est le demandeur qui doit prouver à l’administration fiscale que toutes les conditions sont remplies.
Dans ce cas, l’administration fiscale avait accepté de rejeter la demande de remboursement de TVA au motif que la réalité des opérations n’avait pas été prouvée, justifiant son argument exclusivement par l’absence de paiement des factures.
Toutefois, contrairement au critère de l’administration, le Tribunal considère que le refus de ne pas prouver la réalité des transactions ne peut pas être fondé uniquement sur l’absence de preuve de paiement des factures qui les documentent, mais qu’un effort supplémentaire doit être fourni par l’administration pour conclure raisonnablement que les transactions n’ont pas été effectuées, de sorte que les factures sont fausses parce qu’il s’agit de transactions inexistantes.
Par conséquent, le Tribunal estime que la décision de l’administration fiscale est mal motivée, qu’elle doit être annulée et que les montants de TVA réclamés doivent être remboursés.