Obligation de publication du rapport public pays par pays

Obligation de publication du rapport public pays par pays

La Loi espagnole 28/2022 a transposé la directive (UE) 2021/2101 dans le droit espagnol, introduisant l’obligation pour certains groupes multinationaux et entités en Espagne d’élaborer et de publier un rapport pays par pays public (Public CbCR) sur l’impôt sur les sociétés. Cette mesure renforce la transparence fiscale dans l’Union européenne et touche principalement les groupes dont le chiffre d’affaires consolidé dépasse les 750 millions d’euros. Le rapport devra inclure des informations clés sur l’activité et la fiscalité du groupe par juridiction et être rendu public dans les six mois suivant la clôture de l’exercicel’exercice 2025 étant le premier soumis à cette obligation pour de nombreuses entreprises. 

 

1. Contexte et cadre normatif 

La transparence fiscale pour les grandes multinationales est devenue une priorité stratégique pour l’Union européenne. À cet égard, la Loi espagnole 28/2022 du 21 décembre (connu sous le nom de : Loi sur les start-ups) a transposé la Directive (UE) 2021/2101 dans la législation espagnole et, en particulier, a modifié la Loi 22/2015 du 20 juillet sur l’audit des comptes (LCAC). Ce règlement modifie la directive 2013/34/UE et introduit l’obligation pour certaines sociétés et succursales de produire et de publier un rapport annuel sur l’impôt sur les sociétés, communément appelé rapport public pays par pays (CbCR public), autre que le rapport pays par pays prévu par la réglementation fiscale. 

1.2 Quelles entités sont concernées ? 

Cette obligation s’applique aux entreprises ou groupes dont le chiffre d’affaires consolidé a dépassé 750 millions d’euros au cours de chacun des deux derniers exercices consécutifs.  Concrètement, cela concerne : 

  • Sociétés mères ultimes (UPE) soumises au droit espagnol. 
  • Filiales (moyennes et grandes) et succursales en Espagne de groupes dont la société mère ultime n’est pas régie par le droit d’un État membre de l’UE. 
  • Exception à l’obligation de publier le CbCR en Espagne : Les filiales et succursales des UPE non soumises au droit de l’UE, pour autant que les conditions suivantes soient remplies : 1) Que le CbCR ait déjà été élaboré par l’UPE ou une société indépendante ; 2) que son contenu soit compatible avec l’espagnol ; 3) qu’il soit accessible gratuitement au public ; 4) qu’il soit publié sur le site web de la société ; 5) qu’il soit publié dans l’une des langues officielles de l’UE ; et 6) que la publication ait lieu dans un délai maximum de 6 mois à compter de la clôture. Compte tenu du délai prévu par la réglementation espagnole pour la publication du rapport pays par pays (6 mois), le respect de cette dernière exigence représente une difficulté pratique.  

 

2. Contenu et format du rapport 

Le rapport doit présenter des informations clés ventilées par État membre de l’UE et par juridiction figurant sur les « listes noires » ou « grises » de l’UE. Les données à inclure comprennent : 

  • Structure et activités du groupe 
  • Nombre d’employés 
  • Revenu et résultat avant impôts 
  • Impôts sur les sociétés dus et payés 
  • Provisions accumulées 

 

Conformément au règlement d’exécution (UE) 2024/2952, le rapport doit suivre un modèle commun et être présenté dans des formats électroniques lisibles automatiquement afin de garantir sa comparabilité dans toute l’UE. 

Contrairement au rapport pays par pays (formulaire 231, ou Country by Country), le rapport pays par pays public prévu par la Loi sur l’audit est un rapport public.  

3. Délais et publication en Espagne 

  • Approbation et publication : En Espagne, la société assujettie doit approuver et publier le rapport dans les six mois suivant la clôture de l’exercice. 
  • Accessibilité : Le rapport doit être disponible gratuitement sur le site internet de la société et déposé au Registre du commerce avec les comptes annuels. 
  • Premier exercice : Les entreprises qui rempliront les conditions requises en 2024 et 2025 devront publier leur premier rapport correspondant à l’exercice fiscal 2025 au cours du premier semestre 2026. 

 

4. Considérations pour les groupes dont la société mère est étrangère 

Il convient de souligner que si la société mère est située dans un autre pays (par exemple, l’Italie), l’élaboration et les délais du rapport seront principalement régis par la réglementation de ce pays, à condition que celui-ci ait transposé la directive. Toutefois, les filiales espagnoles doivent veiller à ce que les informations soient accessibles et conformes aux exigences locales en matière de dépôt. 

Chez Bové Montero, nous restons à votre disposition pour analyser l’impact de cette nouvelle réglementation sur votre groupe et vous aider à vous préparer et à vous conformer à ces obligations de transparence. 

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